Dernière jour d'un condamné
Le Dernier Jour d'un condamné est un roman à thèse de Victor Hugo publié en 1829 chez Charles Gosselin, qui constitue un plaidoyer politique pour l'abolition de la peine de mort. voir le résumé en PDF
vocabulaire et figure de style
Les mots difficiles
-Abbaye Mont '-à-Regret (argot) :
guillotine.
-Abdiquer : abandonner le pouvoir.
-Abusif : qui dépasse la juste mesure.
-Adhérents : personnes qui soutiennent quelqu'un, un parti, etc.
-Alléguant : prétextant.
-Alcôve : enfoncement pratiqué dans le mur d'une chambre pour y placer un lit.
-Apostolique : qui vient des apôtres, les douze compagnons de Jésus Christ.
-Apprêts : préparations.
-Arabesque : ornement en forme de lignes et de feuillages inspiré de l'art
arabe.
-Arche : voûte en forme d'arc.
-Argousin : surveillant des prisonniers, des galériens.
-Assesseur : adjoint du président d'un tribunal.
-Assoupir : endormir.
-Aumônier : prêtre chargé de la direction spirituelle et de l'instruction
religieuse.
-Autopsie : examen d'un cadavre pour déterminer les causes de la mort.
-Auvent : petit toit en saillie.
-Avidement : de l'adjectif « avide » : qui a un désir immodéré, qui fait preuve
d'une attention passionnée.
-Babillard : écrit adressé au roi. Placet.
-Bagne : prison.
-Baladin : personne qui donne un spectacle sur une place publique en exécutant
des tours d'acrobatie, des numéros de dressage d'animaux, etc.
-Bandoulière : bande qu'on porte en diagonale sur la poitrine et à laquelle on
suspend une arme ou un objet quelconque.
-Baquet : cuve de bois de petite dimension.
-Batiste : fine toile de lin.
-Bave : salive que laissent échapper certains animaux.
-Béantes : grandes ouvertes.
-Besogne : travail.
-Bière : cercueil.
-Billevesée : parole de peu d'importance.
-Bise : vent sec et froid
-Blasé : insensible, indifférent.
-Blêmes : pâles.
-Bonnets verts : les condamnés à mort.
-Bourdon : grosse cloche.
-Bourreau : exécuteur ce la peine de mort.
-Boutanche (familier): boutique.
-Bravade : acte de défi.
-Bruire : rendre un son confus.
-Cabanon : cellule dans laquelle on enfermait les fous dangereux.
-Cadencée : rythmés.
-Caloquet (familier): couronne.
-Cahotées : secouées.
-Cardinaux : pluriel de « cardinal » : haut dignitaire de l'Eglise catholique
après le pape.
-Cassation : acte juridique par lequel on annule des jugements.
-Caveau : construction souterraine destinée à la sépulture. Petite cave.
-Chapelle : petite église.
-Chapes : long manteau porté pendant les cérémonies religieuses et agrafé par
devant.
-Charlot : bourreau.
-Chaufferette : sorte de boîte en métal dans laquelle on met de la braise pour
se chauffer les pieds.
-Charpente : assemblage de pièces de bois ou de métal servant à soutenir les
constructions.
-Chevrons : galons en forme de V renversé porté sur les manches d'un uniforme
militaire.
-Chiffonnant: froissant.
-Chimère : idée irréalisable, imagination vaine.
-Clameurs : cris.
-Cliquetis : bruit sec résultant de l'entrechoquement de corps métalliques.
-Cloison : tout ce qui sert à séparer.
-Collets : compagnons.
-Coire (argot) : chef.
-Colimaçon (en) : spirale
-Coltigé (argot) : empoignée.
-Colliers de voyage : colliers en métal qui reliaient les prisonniers entre eux.
-Complainte : chanson populaire où le sujet est tragique.
-Convulsif : caractérisé par des convulsions, c'est- à -dire un resserrement
involontaire des muscles.
-Copieusement : abondamment.
-Coquins des railles (argot) : gendarmes.
-Corbillard : véhicule où sont transportés les morts. Le mot est utilisé dans le
roman au sens de « simple charrette ».
-Corset : gaine qui enserre la taille et les hanches
-Cour d'assises : cour composée de magistrats et de jurés chargés de juger les
personnes renvoyées devant elle par un arrêt de mise en accusation.
-Coutil : sorte de toile lisse, croisée et serrée, en fil ou en coton
-Crieur : personne qui crie pour annoncer les nouvelles publiques.
-Criminalistes : hommes de loi spécialistes du droit criminel.
-Croisées : fenêtres.
-Crucifix : représentation du Christ sur la croix.
-Cuisent : causent une douleur semblable à celle de la brûlure.
-Défourailler (familier) : libérer
-Déguenillés : vêtus de guenilles c'est-à-dire- de vieux vêtements déchirés.
-Démembrées : divisées en parties, découpées.
-Dépareillée : séparée, isolée.
-De plain-pied : au même niveau.
-Dialecticiens : qui utilisent la dialectique (art de raisonner).
-Diaprait : composait de couleurs vives.
-Difformes : dont la forme est irrégulière.
-Distinctement : nettement, clairement.
-Egorgiller : égorger. Le verbe « égorgiller » traduit la lâcheté de ceux qui
exécutent les condamnés.
-Elégie : petit poème dont le sujet est triste et tendre.
-Eloquence : art, talent de bien parler.
-Emphatique : exagéré dans l'expression, le ton, la voix, le geste.
-Enflée : gonflée.
-Enfouraillé (familier) : emprisonné.
-Enivrement : état d'une personne enivrée (ivre). Le mot est utilisé dans le
roman au sens d'éblouissement.
-Entée : greffée, formée sur.
-Enroué : dont la voix est devenue rude ou rauque.
-Ensevelir : enterrer.
-Entifer (familier) : embellir
-Epars : dispersés.
-Epeler : nommer une par une les lettres qui composent un mot.
-Escamoter : faire disparaître.
-Escouade : partie d'une compagnie commandée par un caporal ou un brigadier.
-Etinceler : briller.
-Etique : très maigre.
-Etrennes : cadeaux offerts le Jour de l'An.
-Evêque : homme religieux chargé de l'administration d'une circonscription
appelée diocèse.
-Exécrable : détestable.
-Exhaussé : élevé plus haut.
-Exhorter : encourager
-Factionnaire : soldat posté pour surveiller les prisonniers.
-Faîte : sommet.
-Fanandel (populaire): bourreau.
-Fange : boue.
-Fantasmagorie : art de faire apparaître des figures lumineuses par des
illusions d'optique.
-Fer ( en fer à cheval) : en demi-cercle.
-Flétrir : ôter la fraîcheur, abîmer. Le verbe « flétrir » signifie aussi
marquer un condamné sur l'épaule.
-Filer (familier) : voler
-Fontage : coiffure féminine.
-Forçats aspirants : futurs forçats.
-Forfait : crime.
-Fouilleuse (familier) : poche
-Fraction : partie
-Furibondes : furieuses, en colère.
-Fusiliers : gardes armés de fusils.
-Galériens : condamnés à ramer sur les galères ( anciens bateaux de guerre à
rames et à voiles.)
-Galuché : de « galoche » qui désigne des chaussures en cuir à semelle de bois.
-Galvanique : qui a rapport au galvanisme (phénomènes électriques produits sur
les organes vivant par le passage d'un courant.)
-Garde-chiourme : gardien qui surveille les prisonniers.
-Gâter : mettre en mauvais état.
-Geôle : prison.
-Giberne : boîte portative dans laquelle les soldats mettaient leurs cartouches.
-Gibet : instrument de supplice pour la pendaison.
-Gîtant : demeurant, restant.
-Glapissante : qui parle d'une voix aiguë.
-Grabat : mauvais lit.
-Greffier : celui qui enregistre par écrit tout ce qui se dit dans un tribunal.
-Grêle (adjectif):se dit d'un son aigu et faible.
-Grelotter : trembler de froid.
-Grinche (familier): voleur
-Guichetier : aide d'un geôlier (gardien d'une prison). Petite ouverture dans la
porte d'une cellule.
-Haies : files.
-Haillons : vêtements en lambeaux.
-Hâve : pâle.
-Hideux : horribles.
-Huissier : officier chargé de signifier les actes juridiques et de les mettre à
exécution.
-Immonde : très sale, repoussant.
-Impie : qui n'a pas de religion, qui a du mépris pour la religion.
-Imprécation : souhait de malheur qu'on fait contre quelqu'un.
-Inepte : absurde, stupide.
-Infâme : honteuse, déshonorante.
-Instamment : avec insistance.
-Judas : petite ouverture pratiquée dans une porte pour voir ce qui se passe
sans être vu.
-Jurés : citoyens choisis dans le peuple pour juger les criminels.
-Lambeaux : morceaux.
-Largue. (Nom familier): épouse.
-Léthargie : état de sommeil profond dans lequel on semble mort.
-Linceul : drap dont on couvre un mort avant de l'enterrer.
-Louches (familier) : mains
-Lucarne : petite ouverture pratiquée dans un toit.
-Maraîcher : personnes qui cultivent des légumes.
-Marchands de lacets ( argot): gendarmes.
-Marine : les galères.
-Marlou : voleur qui emploie l'adresse.
-Marquis : titre de noblesse intermédiaire ente le comte et le duc
-Ménagerie : lieu où sont rassemblés des animaux venus de pays étrangers et
rares.
-Morfillé (familier) : fait
-Mutilés : privées de membres. Le mot est utilisé dans le roman au sens d'
inachevées
-Néant : le non-être, ce qui n'existe pas.
-Nudité : état de ce qui est nu.
-Nuée : multitude, foule.
-Oblitéré : effacé peu à peu.
-Oblong : plus long que large.
-Obscènes : qui choquent, qui blessent la pudeur.
-Ogive : plafond qui a la forme d'un arc brisé.
-Onirique : qui impose des frais. Qui a rapport au rêve.
-Pain bis : pain d'un gris brun mangé par les pauvres.
-Palais : partie interne et supérieure de la bouche qui sépare les dents des
fosses nasales.
-Parapet : petit mur à hauteur d'appui.
-Paroisse : circonscription dirigée par un curé.
-Parquet : espace d'une salle de justice où se trouvaient les accusés. Les
magistrats, eux, s'installaient sur une estrade. Le mot désigne aussi
l'ensemble des magistrats qui demandent justice contre l'accusé au nom du
ministère public.
-Parricide : qui a tué son père.
-Parvis : place devant la porte principale d'une église.
-Passe-droit : faveur accordée contre le droit.
-Patois : langage particulier à une région.
-Peigre (familier): voleur
-Pêle-mêle : dans le désordre.
-Pèlerine : manteau sans manches muni d'un capuchon.
-Pelure (familier) : manteau.
-Perclus : privé de mouvement.
-Perlés : qui coulent comme des gouttelettes.
-Pièces : les différents documents sur lesquels se base la cour pour rendre son
jugement.
-Pied : ancienne mesure de longueur de 33 centimètres
environ.
-Pied -de-roi : règle pliante graduée.
-Pignons : parties supérieures et triangulaires d'un mur qui supporte la
charpente du toit.
-Placarde (familier) : la place de Grève.
-Placet : demande écrite pour obtenir une faveur.
-Ploient : cèdent, se soumettent.
-Poindre : commencer à paraître.
-Pompes funèbres : service chargé de l'organisation des funérailles.
-Portefaix : homme qui fait métier de porter des fardeaux ( tout ce qui pèse).
-Postillon : conducteur au service de la poste aux chevaux.
-Potence : instrument utilisé pour pendre les condamnés.
-Pouce : ancienne mesure de longueur de 27 millimètres
environ.
-Préau : partie couverte d'une cour
-Prisme: cristal qui décompose les rayons lumineux.
-Procureur général : magistrat qui représente le ministère public. Il demande
justice contre l'accusé.
-Purgatoire : lieu où les âmes expient leurs fautes avant d'être admises au
paradis
-Rabat : col qui se rabat sur la poitrine et que portent les magistrats, les
avocats, etc.
-Railleuses : moqueuses.
-Râle : bruit de respiration que fait une personne sur le point de mourir.
-Rauque : se dit d'une voix rude et comme enrouée
-Récalcitrants : qui résistent, qui refusent d'obéir.
-Récidive : action de commettre de nouveau un crime pour lequel on a déjà été
condamné.
-Reclus : prisonnier isolé.
-Redingote : longue veste.
-Remords: reproches que fait la conscience, regrets douloureux d'une faute, d'un
crime.
-Réquisitoire: accusation faite par le procureur général. Critique sévère et
développée.
-Réverbération : réflexion de la lumière.
-Romance : chanson sentimentale.
-Roucoulement : cri du pigeon ou de la tourterelle. Sens dans le roman : propos
tendres et tristes.
-Ruisseler : couler, être couvert d'eau.
-Rumeur : bruit confus de voix.
-Sabbat : assemblée de sorciers qui se réunissent pendant la nuit.
-Sagaces : qui ont l'esprit vivace, qui ont le sens de l'observation.
-Sangle : bande plate et large de cuir, de toile, etc.
-Sarrau : sorte de grande blouse.
-S'arroger: s'attribuer.
-Sayons : vêtements à manches larges.
-Se dépecer : se partager.
-Sépulcre : tombe.
-Sermon : discours d'un prédicateur ( homme qui annonce la parole de Dieu)
-Se repentir : exprimer le regret d'avoir commis un péché.
-Serpillière : Grosse toile servant à laver le sol.
-Serpillière de ratichon :
soutane d'abbé.
-Soupirail : ouverture pour donner de l'air et du jour dans une cave.
-Soutane : vêtement long et boutonné que portent les prêtres.
-Spectre : fantôme.
-Syllogisme : argument contenant trois propositions. Exemple : Tous les hommes
sont mortels. Socrate est un homme. Donc Socrate est mortel.
-Tapiquer (familier) : loger, habiter.
-Tartouve : menottes.
-Ténébreuse : noire.
-Théologique : religieux.
-Tintement : bruit d'objets qui sonnent lentement.
-Toquante (familier) : montre.
-Tortu : qui n'est pas droit.
-Tournante : clé.
-Trapu : gros et court.
-Tressaillement : tremblement.
-Trimin (familier) : chemin.
-Tronqué : privé d'une partie importante.
-Tumulte : grand mouvement accompagné de bruit et de désordre. Agitation.
-Tuteur : personne qui prend soin d'un mineur et de ses biens.
-Vaciller : bouger en allant de droite à gauche ou inversement.
-Vénération : adoration.
-Vétéran : vieux soldat, ancien combattant
-Vicaire : prêtre adjoint d'un curé, qui peut le remplacer.
-Vile : sans valeur.
-Visionnaire : qui a des visions ou des idées bizarres
Figures de style
- J'ai tremblé, comme si
j'eusse pensé à autre chose depuis six heures, depuis six semaines, depuis six
mois (comparaison, anaphore, gradation)
- Lui, prolongeant son rire qui ressemblait à un râle
(comparaison)
- Cet atroce éloge m'a donné du courage (oxymore)
- La camisole de force, une espèce de sac de toile à voilure,
emprisonna mes bras (périphrase)
- C'est lui qui est bon et moi qui suis mauvais (antithèse)
- L'intelligence doit abdiquer, le carcan du bagne la
condamné à mort (personnification)
- Ils m'ont bien gardé, et puis ils ont été polis à l'arrivée
et au départ, ne dois-je pas être content ? (antiphrase)
- La porte s'est ouverte avec la rapidité de l'éclaire
(hyperbole)
- Non, rien ! Moins qu'une minute, moins qu'une seconde, et
la chose est faite (anaphore, gradation)
- Le soleil, le printemps, les champs pleins de fleurs, les
oiseaux qui s'éveillent le matin, les nuages, les arbres, la nature, la
liberté, la vie, tout cela n'est plus à moi ! (énumération)
- On suppose qu'il y a de l'air et du jour dans cette boite
de pierre (cachot) (métaphore)
- ma grâce ! Ma grâce ! On me fera peut-être grâce.
(répétition)
- Vêtus des mêmes vêtements pour le soleil à plomb de juillet
et pour les froides pluies de novembre (antithèse)
- Ce bruit sourd de cris que j'entends (oxymore)
- Une mer de tètes sur la place (hyperbole)
- Pas un regard dans l'œil, pas un accent dans la voix, pas
un geste dans les mains (anaphore)
- Les jours d'exécution, l'hôtel de ville vomit des gendarmes
de toutes ses portes (personnification)
- C'est monsieur le procureur général, lui ai-je répondu, qui
a demandé si instamment (fermement, résolument) ma tête ? bien de l'honneur
pour moi qu'il m'écrive (antiphrase)
- Je n'ai qu'une pensé, qu'une conviction, qu'une certitude :
condamné à mort (gradation)
- C'est du crayon, de la craie, du charbon, des lettres
noires, blanches, grises (énumération)
- On eut dit des âmes en peine aux soupiraux du purgatoire
qui donnent sur l'enfer (comparaison)
- Le pourvoi, c'est une corde qui vous tient au-dessus de
l'abîme (métaphore)
- Ainsi après ma mort, trois femmes, sans fils, sans mari,
sans père ; trois orphelines de différentes espèces ; trois veuves du fait de
la loi (anaphore)
- Avant de m'ensevelir dans cette tombe à deux roues, j'ai
jeté un regard dans la cour (métaphore)
- Ma belle enfance, ma belle jeunesse, étoffe dorée dont
l'extrémité est sanglante (anaphore, gradation, métaphore)
- Je me promenais sous les larges bras des marronniers
(personnification)
- Il est aussi haut que tu es bas (antithèse)
- Moi, j'étais là, comme une pierre qu'il mesurait
(comparaison)

